Travaux universitaires

Publications universitaires – André Chamson

2024 – BERGES Maxime, Thèse Littérature française, Sorbonne Université – La volonté d’être homme – Pour une histoire du roman du « nouveau mal du siècle » à L’Espèce humaine (1924-1947). Direction : Jean-Louis Jeannelle.

  • Composition du jury : Jean-Louis Jeannelle, professeur, Sorbonne université (directeur de la thèse) ; Hélène Baty-Delalande, MCF, Université Rennes 2 ; Aude Bonord, professeur, Université Paul Valéry, Montpellier III ; Guillaume Bridet, professeur, Sorbonne Nouvelle ; Thomas Hunkeler, professeur, Université de Fribourg ; Françoise Simonet-Tenant, professeure, Sorbonne université (présidente).
  • Extrait du résumé : « En cinq moments qui se recoupent parfois, nous reconstituons le déroulement des débats de l’époque depuis le « nouveau mal du siècle » (1924) de Marcel Arland à L’Espèce humaine (1947) de Robert Antelme. Dans la première partie (1924-1931), nous explorons la remise en question de la philosophie cartésienne. Les écrivains cherchent à redéfinir l’être en s’appuyant sur une métaphysique du moi principalement abordée à partir de leur corps. Au tournant des années trente (1928-1934), les écrivains mettent le roman au service d’une cause sociopolitique de sorte qu’il n’est plus question d’une introspection mais d’une réflexion sur les conditions de vie des individus. Puis le paysage littéraire français connaît une rupture nette après les émeutes antirépublicaines du 6 février 1934, division qui s’accentuera jusqu’aux accords de Munich (1934-1938). Les écrivains cherchent alors une littérature efficace, actuelle et responsable au point parfois de mettre le roman entre parenthèses pour défendre au mieux la communauté́ des hommes ou promouvoir l’avènement d’un « homme nouveau ». Cet engagement fort a suscité un rejet de la politique pour une génération qui émerge à la fin des années trente et qui explore les frontières de l’humain (1938-1943). Finalement, la Seconde Guerre mondiale provoque un sursaut d’engagement qui débouche cependant sur une désacralisation du héros (1942- 1947). Une nouvelle éthique est formulée, qui concerne moins l’écrivain que le lecteur. On attend toujours de l’écrivain qu’il porte témoignage, mais également du lecteur qu’il entende la parole de ceux qui étaient jusqu’alors exclus de la notion d’homme : d’une « métaphysique du moi », on en vient à s’intéresser aux romans des Autres. »
  • Extrait de l’introduction : « André Malraux, seul auteur présent dans chaque partie, nous sert de point de référence tant il a représenté, dès ses premiers romans, l’homme des années trente. Traversant tout l’entre-deux-guerres jusqu’à être lui-même au centre d’un débat après-guerre pour son engagement auprès du Général de Gaulle, Malraux a été modèle à suivre ou à rejeter, mais toujours reconnu unanimement pour la qualité de son œuvre romanesque. Il illustre, en somme, l’homme nouveau et le renouveau du roman. Trois autres écrivains ont compté à l’époque par leurs œuvres romanesques ou essayistes et ont participé à tous les débats mais en choisissant des camps différents : Pierre Drieu la Rochelle qui s’est converti au fascisme en 1934, André Chamson dont le pacifisme a été mis à l’épreuve pendant les événements et Paul Nizan, communiste sectaire. Ces auteurs ont mené de front une œuvre diverse, définissant chacun leur tour quelle était la mission de la littérature et du roman, et gardant toujours, quoique de façon divergente, l’homme pour horizon. L’analyse de leurs trajectoires visera à mettre au jour l’évolution plus ou moins distante, parfois croisée, des grands courants idéologiques qui dominent à l’époque. Voilà, avec ces quatre écrivains, la colonne vertébrale de notre étude. » 

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